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J’ai prié pour toi, pour que ton âme soit sauvée mais t’es trop impure, t’es trop lâche pour que l’on puisse sauver quoi que ce soit. Tu dis des choses qui sont fausses, tu le sais très bien au fond de toi, comment se sent-on, d’être quelqu’un d’aussi étriqué et mauvais ? Toi, qui t’es toujours crue tellement parfaite, tellement droite, mais pourtant, sais-tu seulement à quel point tu es à côté de la plaque ? J’ai prié pour ton âme, mais j’ai constaté que tu n’en avais pas. T’as rien, au fond de toi, c’est vide. Tu fais semblant d’aimer, tu ne sais pas aimer, pour faire ce que tu fais ensuite, tu ne sais pas aimer. T’as toujours fait semblant, t’es comme ces êtres humains, ces robots vidés d’un cœur et de compassion. Tu bouffes de la haine, tu fonces droit dans le mur, t’es comme ces gens méprisants, comme le monde a voulu que tu sois. Les opposés s’attirent mais tu vois… qui se ressemble s’assemble.


De quoi as-tu l’air, regarde-toi, de quoi as-tu l’air…


Le miroir

Elle brossait ses longs cheveux roux, d’un geste lent et monotone, fixant l’immense glace devant elle, posée à même le sol. Elle était assise sur un petit fauteuil ancien de couleur noir, au milieu d’une pièce entièrement blanche. Au mur, des larmes de sang se répandaient sur le sol rempli de roses bleues où leurs picots étaient encore bien présents. Ses yeux étaient gris, vides de toute âme, ils regardaient sans voir. Elle posa la brosse sur la petite table qui se trouvait à sa droite, prit les ciseaux où un ruban entourait la paire. Un faible sourire se dessinait sur ses lèvres rouges, elle se levait, les picots s’enfonçaient dans ses pieds nus et frêles. Du sang, encore du sang, il faut repeindre les murs, se dit-elle. Elle s’avança plus près de l’immense miroir, défit le ruban qui tomba à ses yeux en tourbillonnant lentement et dans un souffle, elle coupa sa longue chevelure. De longues mèches tombaient à ses pieds, elle riait. Elle allait de plus en plus vite, coupant de plus en plus, riant aux éclats, elle pencha la tête en arrière pour se laisser tomber dans un bain de sang, des pétales blancs comme de la neige, tombaient tout autour d’elle. Elle enleva chaque picot enfoncé dans son pied avec soin, en chantonnant légèrement. La baignoire était posée au milieu d’un champ enneigé, plus loin se trouvaient d’énormes bougies qui brûlaient et éclairaient un passage étroit. Des corbeaux gardaient l’entrée. Elle sortit du bain, son corps mince et blanc se confondait avec la neige, ses pieds laissaient de jolies traces rouges qui la fascinaient, elle prit une robe de soie rouge et l’enfila.

Elle prit une bougie, la cire coulait lentement le long de celle-ci pour venir sur sa peau et faire de sa main, quelque chose qui n’est plus totalement humain. Un corbeau vint se poser sur son épaule et picora son crâne, ses cheveux en bataille mal coupés ne protégeaient plus assez. Elle approcha la bougie de l’oiseau et celui-ci prit feu instantanément, il tenta de s’envoler mais alla s’écraser dans la neige, à moitié brûlé. Elle s’en approcha, souriante, chantonnant une chanson glauque d’enterrement. Son pied vint écraser la tête du corbeau. Le ciel s’assombrissait et les pétales blancs cessèrent de tomber. Elle entrait dans le passage, courant, les pieds en sang, la douleur, elle ne la sentait pas. Elle riait, elle était cette fille heureuse, cette fille déjantée, perdue dans son monde peu accueillant. Le passage débouchait sur une pièce ronde, ses cheveux étaient là, reconstitués en une parfaite perruque. Elle la prit pour la poser sur sa tête. Elle mit du rouge à lèvres et prit le thé avec sa poupée préférée, Perdryne n’avait plus de tête, seulement un corps déchiré, une croix rouge peinte sur son dos. L’Homme n’avait pas de pensées, pas de belles pensées, alors elle s’était débrouillée pour arracher la tête de Perdryne quand l’infirmière qui lui avait offert était partie.

J’étais venue rendre visite à ma cousine, depuis son accident, elle était devenue un peu « un légume », cette personne qui n’en était plus une, qui ne comprenait plus grand-chose et qui ne parlait plus. Elle ne me regardait jamais, toujours les yeux rivés dans son immense miroir sans que personne ne sache pourquoi elle l’aimait tant…


Projet commun avec Atavisme, Perdryne l’ayant inspirée, voici sa musique créée d’après mon texte :


Perdryne


Etre humain, être humain, quand vas-tu assumer ton égoïsme, quand vas-tu cesser de remettre la faute sur autrui quand une relation prend fin pour que tu puisses mieux dormir la nuit, quand comptes-tu prendre tes propres torts sous le bras, quand vas-tu cesser de jacasser sur autrui, quand vas-tu décider ne plus faire l’hypocrite et de ne plus devenir ami avec les gens que tu méprises, quand vas-tu cesser de raconter des mensonges à dormir debout, quand vas-tu te décider à avoir de vraies valeurs, quand vas-tu te montrer moins puéril et bête, quand vas-tu aimer autrui pour ce qu’il est vraiment, quand vas-tu ouvrir ton esprit, quand vas-tu cesser de juger ce que tu ne connais pas, quand vas-tu arrêter d’être ridicule avec tes fêtes moisies et ta consommation pour l’occasion, quand comprendras-tu que fumer tue, quand remarqueras-tu que tu n’es pas sur le bon chemin, quand cesseras-tu de croire que tu sais ce qu’est l’amour, n’es-tu pas au courant que ce n’est pas celui que tu vois partout, quand cesseras-tu d’être pervers, de montrer du doigt, d’haïr ce que tu ne comprends pas, quand remarqueras-tu que tu n’es pas parfait, quand arrêteras-tu de rejeter et d’abandonner lâchement pour te plaindre ensuite, quand évolueras-tu, quand ouvriras-tu les yeux… ?

Hommage à la plupart des personnes que j’ai croisées, de loin, de près… et à toutes celles qui ne se reconnaissent pas dans ces lignes, mais qui pourtant, devraient…


Usé par la comédie
Usé par les promesses
Usé par la folie
Usé par le dégoût
Usé d’être incompris

Que peut-on faire de la connerie à part l’amputer ?

Des têtes vont devoir tomber.

Attention à la vôtre…

Sick.

Peut-être qu’un jour, ça sera moins douloureux, ce mal de bide incessant. Je ne serai plus cette fille tourmentée, haineuse à plein temps. Plus envie de crier l’amour crevé, tombé dans un puits sans fin, plus envie de rester là, à scruter le ciel, se posant tellement de questions pour n’avoir jamais de réponse. Juste le silence brut d’une nuit sombre et froide.

Hé toi, ne m’approche pas comme ça. Je suis fragile, un peu comme un joli coquelicot, si tu m’arraches un peu trop le ventricule, je me fane tout aussi vite. Et j’égare des parties de mon être… quelques pétales. Non, pourquoi tu me dis des choses comme ça ? Mes oreilles saignent, j’ai mal à l’intérieur de l’âme, est-ce seulement possible ? Hé toi, je t’avais donné ma confiance, sais-tu ce que cela représente ? J’la donne pas souvent, rarement, oui c’est le mot. Qu’en as-tu fait ? Maltraitance. Indigne être humain, j’avais posé ma vie entre tes mains.

Comment ça, t’en veux plus ? Fallait te décider avant. Crois-tu que l’on puisse jeter les gens ? Sans état d’âme ? Que suis-je donc… peut-être pas un être humain. Je me suis demandé, si t’étais quelqu’un qui pouvait sauver, un peu comme un héros, non pas de super pouvoirs, juste celui de m’aimer et de ne pas m’abandonner. Ah oui, t’aimes la lâcheté. J’avais oublié, ou peut-être ne voulais-je pas savoir ces choses-là. Je me plais à croire qu’il reste une âme, parfois, à l’intérieur d’un corps.

Suis-je bête, ça n’existe pas. Faire semblant, oui c’est cela. Tu excelles dans ce rôle-là. Hé toi, ne rigole pas trop, t’es comme ça aussi. Est-ce donc plus facile de jouer un rôle que d’être soi-même ? L’impression me guette.

Hé, tiens-toi loin de moi. Tu m’veux plus, j’te veux plus. C’est comme ça. Qu’est-ce que t’as cru, que tes excuses changeraient mon monde ? Mais c’est trop tard mon p’tit gars, moi j’ai déjà avancé sans toi. Je n’ai pas peur du vide ni d’être seule. Je connais cela, tant pis pour toi si t’aimes pas te retrouver la gueule trop pâle. J’sécherai plus tes larmes.

Tu vois, je refais souvent mon monde et j’élimine la vermine. Tu t’es fait la malle ? Tu m’as tourné le dos ? T’es juste parti ? Bien. Moi je te raye de la carte, comme si t’avais jamais existé.  Je suis dure, c’est vrai, mais c’est ça ou tomber. J’ai choisi de m’élever, rejoindre le soleil et sa chaleur réconfortante. J’ai choisi de continuer d’vivre. Sans toi. Sans vous.

Cela m’est égal. J’fais plus dans l’état d’âme.


Regarde comment j’dors plus la nuit.


Alors saute-moi au cou,

allez dis-moi que la vie est belle,

allez saute-moi au cou,

que c’est pas dans cette vie-là que l’on paye

Délire infini

Je me suis réveillée ce matin en goutte de pluie. Bercée dans l’antre de mon lit, je n’éprouvais ni tristesse ni mélancolie à en avoir mal au ventre. Une goutte d’eau. Seulement cela, je me suis transformée. Ensuite, je me suis accoutumée au drap, le salissant de mon être mort depuis longtemps. J’ai laissé une trace, désolée, je ne suis qu’une gourde. J’irai me faire fouetter. Il sera là, prêt à accomplir sa lâcheté. Je n’ai plus mal désormais, je ne sens rien, même plus le vent. Dans les toilettes de l’école, je prends un rail de coke, ça me semble tellement bon, tellement fou, tellement vivifiant. Je me sens vivre en me tuant.

-          Qu’as-tu à offrir ?

-          Le néant.

Viens, on s’y perd, on s’y noie, t’aimes ça n’est-ce pas, quand je passe ma langue sur le vide dimensionnel qui t’habite, sur tout ce qu’on ne représentera jamais l’un pour l’autre. J’ai appris à te détester, toi l’Homme, toi, être intelligent, soi-disant, peut-être pas tant que ça finalement. J’ai laissé pousser un arbre dans le creux de mon bras. Tu l’as vu ?

-          Ingrate ! dis-je au mur.

C’est là que cela m’est apparu pour la première fois. La lumière sous le lit. Je ne sais pas, moi je flippais dans mon coin, sous mes draps, je ne disais rien. Je bougeais mes jambes, ça me soulageait, j’peux pas l’expliquer. Je suis une disparue. Aux yeux des autres, je n’existe pas, ce n’est pas moi, mais cette fille qui ne me ressemble pas. Dans le miroir, ce n’est pas moi que je vois, est-ce que tu peux le comprendre ça ? J’ouvre ma boîte à outils. Une lame, c’est joli. Je coupe quelques mèches noires, caresse ma peau blanche, je fais l’amour au mal-être de ne pas être quelqu’un d’assez important. Pour quelqu’un.

-          Tranche ! entendis-je.

J’ai peur du sang. Maman, t’es où ? J’te vois pas. Je tire sur mes cheveux, ça m’aide à oublier la douleur d’une plaie qui suinte. Suis-je folle ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? J’aimerais être comme toi.

-          Pourquoi tu n’enlèves pas ton gilet ? demanda ce petit être ignorant.

-          Tu ne connais rien des lendemains, toi.

-          Quoi ?

-          Ta gueule.

Ce fut bref et écœurant. Je crois que je fais une allergie aux gens. Ça me donne des boutons. J’peux pas m’en défaire, c’est juste trop ancré en moi, et voilà, j’ai une sale gueule quand j’me lève le matin. Je préfère être une goutte d’eau, y’a pas le souci d’être belle au petit matin car au moins tu es uniforme. Quand je suis allée me balader au plafond de la toile d’araignée intégrée dans mon cerveau, je crois que je m’y suis paumée. C’est que c’est bourré de fils ce truc-là, de recoins et en plus, t’es la victime. Un jour, on m’a piquée, paraît que c’était pour ma santé mais j’me suis coupée avec une lame dégueulasse et rouillée, je l’avais trouvée à terre, elle m’a semblé tellement… adéquate.

Un cancer me bouffe le cerveau. Je vais mourir demain.

-          Tu m’emmènes où ?

-          Chez les damnés.

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